%20(1).png)
Mais que se passe-t-il avec le permis de conduire ?
Les nouvelles mesures présentes dans la loi de finances 2026 et des décrets à venir annoncent une double restriction sur le financement du permis B via le CPF.
Conditionnement de l’accès au financement CPF et plafonnement : faisons le point sur les raisons, les chiffres et les impacts.
Le financement du permis de conduire pour les véhicules légers (permis B) est restreint de deux façons dans cette réforme :
Concrètement :
Les cofinanceurs peuvent être : l’employeur, un Opco, l’Etat, les régions, France Travail, le FIPHFP, les CPAM, la CNAM, les CMA, ou les fonds d'assurance-formation de non-salariés.
Et pour toutes les personnes encore éligibles au financement du permis via le CPF, le combat ne s’arrête pas là : ils peuvent l’utiliser à hauteur de 900 € maximum. Cela signifie qu’elles devront payer le reste si le tarif de leur auto-école dépasse ce montant.
En plus des restrictions liées à l’usage du CPF pour son financement, le permis est visé par un autre article de la loi de finances.
➡️ Suppression de l'aide forfaitaire de 500 € versée par France Compétences aux apprentis de plus de 18 ans pour le financement du permis de conduire. Économie attendue : 36 millions d'euros en 2026.
On l’évoque dans notre article global sur la réforme : le CPF est un post de dépenses important de la formation, et l’objectif est de faire des économies.
Alors que pèse vraiment le permis B dans le dispositif ?
Le permis B représente environ 320 millions d'euros de dépenses annuelles sur un budget CPF total de 2,2 milliards €, soit 14,5% du budget total.

Source : France Compétences, rapport 2024 sur l'usage des fonds
Il a pris une place de plus en plus importante au fil des années, bien que son usage comme son coût se stabilisent, la dépense totale reste importante et a augmenté entre 2023 et 2024.
C’est donc sans surprise qu’il est pris pour cible lorsqu’un besoin d’économies survient : le financement du permis par le CPF coûte cher.
Un autre argument avancé pour cette réforme est l’inflation tarifaire du permis de conduire, dont le prix a augmenté de 11,3 %. Instaurer un plafond ferait réfléchir à deux fois les organismes avant d’augmenter leurs prix, leurs candidats ne pouvant plus en financer l’intégralité via leur CPF. Mais cette inflation est-elle vraiment injustifiée, ou correspond elle a des besoins réels du marché ? Dans le second cas, l’effet de maîtrise des tarifs espéré ne se produira pas, car les organismes ne pourront pas y répondre.
Parmi les bénéficiaires du financement de leur permis B via le CPF en 2023…
Le permis B reste finançable via le CPF pour les demandeurs d’emploi, qui représentent 31 % des dossiers en 2023. Et à raison : 21 % des bénéficiaires totaux estiment que le permis a contribué à trouver un emploi.
Il reste reconnu comme un levier pour l’insertion professionnelle. Mais la nouvelle mesure est critiquée : elle ignorerait son importance pour le maintien dans l’emploi et l’évolution de carrière des salariés notamment jeunes et en difficulté financière malgré leur emploi.
Les restrictions liées au financement via le CPF pourraient être une barrière à l’accès pour certains publics, notamment ceux qui ne pourront pas bénéficier d’un financement minimum de 100 € par leur employeur, condition pour débloquer le droit à mobiliser son CPF :
➡️ La mesure rendrait le permis moins accessible, créant des inégalités.
Cependant, le contre argument existe. Le prix moyen du permis B a augmenté de 11,3 % entre 2023 et 2024. Certains organismes auraient tendance à augmenter leurs prix lorsque les droits mobilisables ne sont pas plafonnés. Si les financements proviennent directement du bénéficiaires, les auto-écoles seraient forcées de réguler leurs tarifs afin qu’ils restent abordables pour les candidats. Des prix plus abordables, sur lesquelles même les organismes dont l’activité dépend peu du CPF devraient s’aligner pour correspondre au marché.
De plus, si le financement via le CPF a donné une nouvelle voie d’accès pour les salariés, son rôle dans le maintien dans l’emploi est faible (10 % des salariés y ayant recours déclarent passer leur permis pour sécuriser leur emploi actuel). Budgétairement, la décision est donc rationnelle, malgré les nuances et les débats. Le gouvernement priorise l’usage des fonds publics pour l’accès à l’emploi.
Il y a environ 12 000 auto-écoles en France. Les acteurs du secteur estiment qu'une auto-école dont plus de 50 % du chiffre d'affaires provient du CPF se trouve en situation de forte dépendance (source : Permis Mag, 2024).
Pour ces organismes, il y a un véritable risque de perte de clientèle si les candidats au permis ne peuvent plus le financer avec leur CPF.
Depuis les premières annonces, les candidats se sont rués dans les auto-écoles avant l’entrée en vigueur, d’abord projetée au 10 février sur la base de rumeurs, puis au 20… Finalement, la date n’est toujours pas officielle.
Après cette vague, l’activité des auto-écoles pourrait diminuer fortement.
Face aux nouvelles mesures, elles ont deux options :
Aucune de ces situations n’est idéale. Les prix fixés sont suspectés d’être gonflés par certains organismes, d’où l’hypothèse évoquée précédemment que ce plafond permettra de maîtriser l’inflation tarifaire. Mais ils peuvent aussi refléter les coûts réels engagés par les auto-écoles et les marges nécessaires à la continuation de leur activité.
Baisser les prix ou perdre en volume de candidats serait alors un véritable frein à leur prospérité sur le long terme.
Des conseils pour les organismes certificateurs dans notre article : Réforme du CPF 2026
Restez en veille sur l’actualité légale et règlementaire. On vous y aide sur LinkedIn, suivez-nous !
.png)
%20(1).png)
.png)

%20(1)%20(1)%20(1).png)
.png)
.png)

.png)

